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Labraunda

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   Le sanctuaire est implanté sur une pente abrupte qui fut aménagée en une série de terrasses, sur lesquelles les bâtiments ont pu être érigés. Il existe cinq terrasses, mais le sanctuaire originel (6e – 5e s. av. J.-C.) consistait en une unique terrasse bordée au sud par un mur de soutènement en appareil polygonal situé à l’est du temple. Dans la partie occidentale de la première terrasse du temple, un petit temple avec deux colonnes in antis a été construit vers 500 av. J.C.  (n° 17). Selon Hérodote (V, 119), le sanctuaire de Labraunda consistait au début du 5e s. en « un vaste bois sacré planté de  platanes  ». Aujourd’hui encore les platanes poussent autour du sanctuaire. On peut en voir d’impressionnants en suivant un sentier sur une centaine de mètres vers l’est depuis la terrasse du temple.

Quand le temple fut construit au 4e s. (n°17), sa terrasse a été prolongée d’environ 10 m vers le sud et le premier mur (au dessous du n°16) a été complètement enfoui. Au milieu du 4e s., le sanctuaire a été agrandi et a atteint son ampleur actuelle. Quatre terrasses ont été ajoutées au bas de la terrasse supérieure. Les fils du souverain carien Hékatomnos, Mausole (377-352) et son frère Idrieus (351-344), ont construit plusieurs murs de soutènement et une partie des bâtiments que l’on voit encore aujourd’hui. Plusieurs de ces constructions peuvent être datées grâce aux inscriptions présentes sur leurs architraves et qui figurent le nom des commanditaires (Mausole et Idrieus) et celui de Zeus Labraundos auquel ces monuments été dédiés.

    Les premières constructions du 4e s. sont des murs de soutènement. L’un d’entre eux (n°14) a été construit à 10 m au sud d’un mur plus ancien (n°16) pour réaliser une terrasse assez large pour accueillir le nouveau temple (n°17). Un second et un troisième mur ont été bâtis à quelques 10 et 30 m plus au Sud (n°12 et entre 8 et 9). Sur la plus basse des terrasses, Mausole a érigé une grande construction qui devait servir de salle de banquet (Andron B, n°8) pour l’élite carienne lors des repas sacrificiels. Notons que le terme andron («  salle des hommes  ») est également utilisé pour désigner les salles à manger dans les maisons antiques. Sur la terrasse supérieure, à l’est du vieux temple, Mausole a fait bâtir une stoa (n°16) qui pouvait servir d’abri pour les spectateurs aux pèlerins.

Idrieus (351-344), le frère cadet et héritier de Mausole, a continué son projet de construction à Labraunda en rebâtissant et en élargissant le temple de Zeus (n°17). Ce temple était périptère, c’est-à-dire qu’il était doté d’une rangée de colonnes sur chacun de ses côtés. Derrière le temple, à l’ouest, Idrieus fit construire une seconde salle de banquet (Andron A, n°19) et un bâtiment de deux pièces avec un porche, appelé Oikoi («  les salles  », n°18), qui peut avoir été un trésor. Sur la terrasse la plus basse, Idrieus a fait construire un bâtiment d’entrée en marbre (Propylées Sud, n°1) et une petite structure à l’est de la porte, «  le Bâtiment Dorique  » (n°2), qui peut-être interprété comme une fontaine ou un puits couvert.

D’autres constructions, qui n’ont pas pu être datées par des inscriptions, mais qui s’inscrivaient sans doute dans le même projet de construction, consistent en une seconde entrée (Propylées Est, n°5), un grand mur appareillé avec de larges ouvertures sur le côté nord de la zone des propylées (n°7), un escalier monumental de 12 m de large permettant d’accéder aux terrasses supérieures, un bassin à colonnade dorique (n°12) et une stoa longue de 45 m de long (Stoa Est n°13).

Le mur de temenos, vraisemblablement construit à la même époque, est également visible par endroits. Une section du mur se situe derrière l’Andron A (n°19). De là, il se poursuit vers la tombe monumentale (n°20) qui semble avoir été à l’extérieur de la zone sacrée. Une autre section du mur court derrière la Stoa Sud (n°12) et descend jusqu’aux Propylées Est (n°5). Il est à noter que ce mur de temenos semble avoir été pourvu de tours. C’est en tout cas ce que l’on peut déduire des entailles visibles sur la surface du rocher fendu (split rock). À l’extérieur du temenos existent plusieurs grandes constructions associées au sanctuaire. Au sommet du Hissar Kale, la colline qui domine le sanctuaire, une grande forteresse de onze tours (hors plan) fut construite vers le milieu du 4e s. av. J.-C. (sous Mausole ou peut-être Idrieus). Au sud-ouest du sanctuaire se trouve un grand stade (hors plan) ainsi qu’un hippodrome aménagé pour les compétitions sportives lors des fêtes sacrées.

Section du sanctuaire du sud (à gauche) au nord

(U. & O. Joneborg)

Aux périodes hellénistiques et romaines, c.-à-d. après 300 av. J.-C., le sanctuaire fit l’objet d’une nouvelle phase de construction qui se caractérise notamment par l’aménagement d’un bassin à colonnade dorique dans la terrasse centrale (Well House, n°12), par la construction de l’Andron C (n°9) tout juste au sud de l’Andron B, par une complète reconstruction de la Stoa Nord à l’époque romaine (n°16) et l’érection une seconde stoa à l’opposé (n°13), et deux bains romains, l’un au sud de l’Andron C (Thermes Sud, n°10) et l’autre dans la zone d’entrée, lequel sera plus tard prolongé et transformé en église à l’époque byzantine (Église Est, n°3). Il est supposé que l’ancien culte au Zeus de Labraunda prit fin au 4e s. ap. J.-C.  En tous les cas, il semble que la christianisation du site a commencé à la fin de ce siècle ou au début du suivant puisque l’église (n°3) située entre les deux propylées (n°1 et 5) semble avoir été érigée à cette époque. Les découvertes dans l’église indiquent qu’elle fût en utilisation pendant environ 200 ans. Quand l’église fut construite, le mur nord des Thermes Est fut inclus dans le mur sud de l’église. Il semble probable qu’à ce moment ces thermes avaient perdu leur fonction initiale. L’autre bain, c’est-à-dire les Thermes Sud (n°10) semblent l’avoir remplacé. La datation de ce nouveau complexe thermal est placée au 2e ou au 3e s. ap. J.-C., mais sa datation est incertaine du fait de l’absence de fouilles. Il pourrait être contemporain de l’église.