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Labraunda

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Les fouilles archéologiques suédoises ont commencé à Labraunda en 1948 sous la direction du Professeur Axel W. Persson, Uppsala University. Labraunda est un sanctuaire dont les ruines bien conservées du 4e s. av. J.-C. sont situées dans l’ancienne Carie, au sud-ouest de la Turquie, dans les hauteurs des montagnes de Latmos. Il est considéré comme l’un des plus importants sanctuaires de Carie, principalement pour ses impressionnants vestiges architecturaux et ses nombreuses inscriptions grecques. Dans cet article, je vais me concentrer sur la redécouverte du site au 19e siècle. À cette époque, les voyageurs européens ont exploré l’intérieur des terres de l’ouest de l’Anatolie. L’épigraphiste français Philippe Le Bas, a été à maintes reprises crédité pour la redécouverte du site. Il a observé les vestiges en 1844 et a déclaré être le premier à redécouvrir le site, ce qui a induit en erreur bon nombre de commentateurs à sa suite.

Au 18e siècle, la localisation de Labraunda était incertaine. Les seules sources disponibles étaient quelques notes succinctes dans la littérature antique. Selon Hérodote, Labraunda était un sanctuaire voué à Zeus, lequel consistait en une vaste et sacrée plantation de platanes. Une bataille, où les Perses ont été vaincus par les Cariens aidés par les Milésiens et leurs alliés, a eu lieu sur place en 497 av. J.-C. pendant la Révolte d'Ionie. L’emplacement semble avoir été dans les montagnes, non loin de la rivière Marsyas, un affluent du Méandre :


Les Perses étant arrivés quelque temps après, et ayant traversé le Méandre, les Cariens leur livrèrent bataille sur les bords du fleuve Marsyas. Le combat fut rude et long, mais enfin ils furent forcés de céder au nombre. Il périt dans cette action deux mille hommes du côté des Perses, et dix milles de celui des Cariens. Ceux d’entre ces derniers qui échappèrent à cette déroute se réfugièrent à Labranda, dans le temple de Zeus Startius, et dans un grand bois de platanes qui lui était consacré. Les Cariens sont les seuls peuples, que je sache, qui offrent des sacrifices à Zeus sous le nom de Stratius. Lorsqu’ils furent enfermés dans ce bois, ils délibérèrent sur le parti le plus salutaire, et s’il leur serait plus avantageux de se rendre aux Perses ou d’abandonner totalement l’Asie. Pendant qu’ils délibéraient là-dessus, les Milésiens vinrent à leur secours avec leurs alliés. Les Cariens abandonnèrent alors leurs premières résolutions et se préparèrent à recommencer la guerre. Ils en vinrent aux mains avec les Perses qui venaient les attaquer, et furent battus après un combat plus long et plus opiniâtre que le précédent. En général, il périt beaucoup de monde en cette journée, surtout du côté des Milésiens.

(Hérodote, livre 5.119-121, trad. Larcher, éd. Charpentier, 1850.)


    De Plutarque, nous apprenons que le culte de la statue de Zeus en Carie avait en main une double hache de la reine Amazone consacrée par le roi mylasien Arselis. Il y avait donc bien un temple sur le site qui n’était pas très éloigné de Mylasa :


- Pourquoi est-ce que la statue du Zeus Labraundos en Carie tient une hache et non un sceptre ou un éclair  ?

  1. -Parce que quand Héraclès a assassiné Hippolyte, en même temps que d’autres armes il a pris la hache d’Hippolyte et l’a donnée comme cadeau à Omphale. Les rois lydiens qui ont succédé à Omphale ont pris l’habitude de la porter comme prérogative royale sacrée, la transmettant aux suivants jusqu’à Candaule. Ce dernier l’a considérée comme de peu de valeur, et la donna à l’un de ses compagnons. Mais lorsque Gygès s’est révolté et entra en guerre contre Candaule, Arselis est venu de Mylasa avec son armée pour soutenir Gygès et a assassiné à la fois Candaule et son compagnon. Arselis apporta la hache en Carie en même temps que d’autres butins. Il a alors édifié une statue de Zeus, plaça la hache dans sa main et appela le dieu Labraundos  ; ou les Lydiens appellent la hache un Labrys.


(Plutarque, The Greek Questions 45, Moralia 301F-302A, tiré de la trad. F.C. Babbitt, Loeb Class. Library)


    Pline et Élien révèlent l’existence d’une source sacrée à Labraunda où des anguilles ou des poissons portaient des boucles d’oreilles et des colliers en or. Élien précise également une distance de 70 stades entre Mylasa et Labraunda, soit environ 13 km.


Les poissons viennent manger à la main  ; cela se voit dans plusieurs maisons de campagne impériales. Mais ce que les anciens ont rapporté à cet égard, ils l’ont vu avec admiration, non dans les piscines, mais dans les étangs naturels ; par exemple au château d’Élore en Sicile, non loin de Syracuse. Dans la fontaine de Zeus Labrandéen, les anguilles mangent à la main ; elles portent en outre des boucles d’oreilles. Il en est de même à Chios, auprès du temple des Vieillards en Mésopotamie, dans la fontaine de Charuba dont nous avons parlé.

(Pline l’Ancien, Histoire Naturelle 32, 7, trad. É. Littré, É. Dubochet Le Chevalier, 1850).


Les poissons apprivoisés qui répondent à un appel et acceptent volontiers la nourriture sont trouvés puis gardés dans différents lieux, à Epirus dans un cas, à la ville … autrefois appelé Stephanopolis, au temple de Fortune dans des réserves de l’autre côté de la montée ; à Hélorus aussi en Sicile qui a été une forteresse de Syracuse ; et au lieu sacré du Zeus Labraundeus dans une source d’eau transparente. Et là les poissons ont des colliers en or et des boucles d’oreilles, aussi d’or. Le lieu saint de ce Zeus est à une distance de 70 stades de la ville de Mylasa. Une arme est attachée sur le côté de la statue, et le dieu est adoré sous le nom de «  Zeus de Carie  » et «  Dieu de la Guerre  », pour les Cariens ils étaient les premiers à penser à faire un commerce de guerre et à se servir de soldats pour payer, à installer une sangle à leur bouclier, et à fixer des plumes sur leur casque. Et ils ont été nommés «  les Cariens  » d’après le Char du fils de Creta et Zeus, et Zeus a reçu l’épithète de Labraundeus parce qu’il fit tomber des pluies torrentielles et chargées.

(Élien, On Animals 12.30  ; d’après la trad. A.F. Scholfield, Loeb Class. Library)


Pour la localisation de Labraunda, la plus ancienne source utilisée était, cependant, celle de Strabon. Selon lui :


… du village de Labraunda, lequel est situé dans la montagne, à une assez grande distance de la ville et tout près du col où passe la route qui va d’Alabanda à Mylasa. Le temple qui s’élève en ce lieu est fort ancien et contient la statue en bois de Zeus Stratos, objet de vénération pour les populations circonvoisines, comme pour les Mylasiens ; il est relié à la ville par une chaussée de près de 60 stades, qu’on nomme la voie sacrée et qui sert aux pompes et aux processions.

(Strabon, Geographie livre 14-2, trad. fr. A. Tardieu, Librairie Hachette, 1867)

Cet article a été précédemment publié (en anglais avec notes de bas de page et illustrations) par Pontus Hellström in Annales Societatis Litterarum Humaniorum Regiae Upsaliensis Kung. Humanistiska Vetenskaps-Samfundet i Uppsala. Årsbok 2006, pp 17-45

En voici sa traduction littérale



        Ph. Le Bas 1844 ou 1853 (visite du 17 Mars 1844)

Lorsque le voyageur suivant, l’épigraphiste français Philippe Le Bas (1794 – 1860), visita les ruines, les rapports de Prokesch von Osten et de Fellows avaient déjà été imprimés, mais pas encore celui de Pückler-Muskau. Le Bas avait pendant sept ans été le tuteur à Rome de Louis Napoléon Bonaparte, le futur Napoléon III. Durant ce séjour, il a fait la connaissance de scientifiques italiens et germaniques et a discouru avec fascination sur les inscriptions antiques. Quand il retourna à Paris, il présenta une thèse sur l’importance des inscriptions pour l’étude de l’histoire antique, ce qui le mena à travailler à l’École Normale et la tâche lui fut confiée de publier les inscriptions grecques et latines et autres découvertes archéologiques rassemblées par l’Expédition Française au Péloponnèse (Mission scientifique de Morée) 1829 – 1830 ; il fut également élu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres. Il fut approché par A.-B. Villemain, ministre de l’instruction publique, qui lui demanda de préparer une nouvelle expédition épigraphique en Grèce et dans les îles. Cette proposition fut reçue avec enthousiasme par Le Bas, et le projet du voyage fut immédiatement planifié, lequel fut prévu pour durer un an. La possibilité d’intégrer quelques sites de la côte ouest de l’Asie Mineure a été envisagée. Le jeune architecte Eugène Landron et un ancien étudiant de Le Bas, Henri Musson, furent choisis pour participer à l’expédition. Ils quittèrent la France début janvier 1843 et revinrent fin 1844 en rapportant quelques 5000 copies et estampages d’inscriptions, plus de 450 dessins de sculptures et monuments, et un certain nombre d’inscriptions, de sculptures et de moulages.

Dans une lettre publiée (sans son accord) en mai-juin 1844 parue dans la Revue Indépendante, Le Bas décrit les résultats de son séjour à Mylasa et comment il est parvenu à identifier Labraunda le 17 mars de la même année.



Andron A (dessin E. Landron, dans Le Bas, 1847-70)


Quelle riche récolte dans cette ville [Mylasa] ! Que de trésors inconnus sont venus enrichir mes calepins ! Pendant huit jours entiers, j’ai écrit, et toujours de l’inédit : jugez de ma joie ! Je dois ce bonheur à un compatriote, M. de Salmon, médecin qui, à la suite d’une vie aventureuse qu’il a promenée dans toutes les contrées de l’Europe, en Égypte et en Asie, s’est fixé et marié dans ce coin de l’Anatolie et veut y faire souche d’honnête homme . . . Près de cent cinquante inscriptions, toutes longues et incomplètes, ce qui est un mérite de plus, car, de fait, que serait l’épigraphiste s’il n’avait à déployer sa sagacité dans les restitutions ? . . .  Le 16 mars, je quittai Mylasa, ayant pressé le citron jusqu’à la dernière goutte. Les voyageurs peuvent se dispenser de passer par là désormais. Je ne leur ai pas laissé le moindre petit épi à glaner. Il s’agissait maintenant de retrouver un temple qui s’était jusque’alors dérobé aux recherches des voyageurs. Et quel temple ! Ni plus ni moins que celui de Jupiter Labrandenus, le protecteur de la Carie, le dieu à la double hache ! on l’avait cru voir dans plusieurs endroits, notamment à Ayakli, mais aucune des positions qu’on lui avait assignées ne répondait aux renseignements fournis par Strabon. Me voilà donc gravissant les montagnes situées au nord de Mylasa, rôdant en tous sens à travers les rochers et les précipices, criant Labranda ! Labranda ! et ne recevant de réponse que des échos. Le soir nous allâmes prendre gîte à Turbet, petit village célèbre par le tombeau d’un saint musulman. Là, le soir, en fumant le tchibouk et en buvant le café sans sucre, j’interrogeai les nombreux visiteurs qui, suivant un usage fort importun, étaient assis, les jambes croisées et la pipe en main, autour du foyer, près duquel j’occupai la place d’honneur, couché sur un matelas qu’habitent, de père en fils, des insectes plus importuns que tous les visiteurs du monde. J’appris d’eux qu’à environ une heure à l’ouest, sur la route de Mylasa à Tralles, on voyait un ancien château, Eski Kalé ou Eski Hissar, distant de Mylasa d’environ trois heures. Ce devait être Labranda, que Strabon place à soixante-huit stades au nord de la ville que je viens de nommer. Jugez de l’impatience avec laquelle j’attendis le lendemain. J’en dormis à peine, et, dès le lever du soleil, au grand déplaisir de Suleïman et de Gaspar, qui n’aiment pas à se mettre en route sans avoir copieusement déjeuné et fait leur kief, nous partîmes sous la conduite d’un guide qui, par des sentiers presque impossibles, nous mena au lieu tant désiré, appelé aujourd’hui Yaïla. J’avais enfin rencontré l’objet de mes fatigantes recherches ; j’étais bien à Labranda. Strabon dit que le temple de Jupiter Stratius, dans ce lieu, était fort ancien. Tout, dans les ruines de celui de Yaïla, annonce une haute antiquité. Il ne ressemble en rien à tous ceux que j’ai vus jusqu’à ce jour. Point de péristyle ; quatre murs en assises régulières, trois fenêtres ouvertes au sud et au nord, une fenêtre à droite et à gauche de la porte de la salle, et au sud et au nord du portique ; au fond du sanctuaire, une grande niche carrée où était sans doute placée la statue en bois du roi des dieux. En avant du portique, parmi les décombres, deux fûts de colonnes ioniques en marbre blanc, qui devaient soutenir l’architrave et le fronton, si toutefois il en a existé un.

   Ce temple était un lieu de pèlerinage pour tous les Cariens du voisinage, et notamment pour les Mylasiens. Encore aujourd’hui, les Grecs établis à Mylasa y viennent chaque année, dans la belle saison, passer quelques jours à se divertir, ce qui, mieux que des inscriptions et des médailles, prouve l’exactitude de mon opinion sur ce lieu. Mais, une preuve plus concluante encore, ce sont les traces nombreuses, et, de distance en distance, très bien conservées, de la voie sacrée qui, au dire de Strabon, conduisait de Mylasa à Labranda. Les dalles et les murs de soutènement subsistent encore dans plusieurs endroits, et la longueur de la route est, à peu de chose près, la même que celle de la voie sacrée qui conduisait d’Athènes à Eleusis. Ma découverte me paraît donc hors de doute, et voilà encore un sujet de joie pour mon ami Ansart.

   Le temps me manque pour vous parler des nombreux édifices dont j’ai observé les ruines...



Le Bas n’est pas le premier à identifier le site de Labraunda, comme il paraît le croire. Mais, plus important encore, c’est de son travail que sont issues les premières représentations du site. Ces illustrations d’Eugène Landron, sont assez précises et incluent une série de mesures des deux constructions les mieux conservées : ce que l’on a croyait être le temple (Andron A), et la tombe sur la colline au-dessus du sanctuaire. Elles ont été publiées dans le travail de Le Bas Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure, qui devait paraître en monumental en quatre parties et dont les parties 3 et 4 devaient contenir les inscriptions grecques, objectif principal de l’expédition, et les dessins des reliefs et sculptures. La première publication commença en 1847. Les dessins de Landron de Labraunda (partie 1, Itinéraire, planche 65 et partie 4 Architecture, planches Asie Min. II – 8 et 9) apparaissent sans aucun accompagnement de texte, probablement en 1853 et 1858 respectivement. Quand Le Bas mourut en 1860, seule une partie de son travail avait été publiée, mais la publication a été poursuivie par W. H. Waddington jusqu’en 1870. Une seconde édition en petit format des parties 1 (Itinéraire), 3 (Monuments figurés) et 4 (Architecture) avec toutes leurs illustrations, notamment un certain nombre de précieux dessins non publiés auparavant (principalement dans le volume 3, semble-t-il), apparaît dans un unique volume en 1888, édité et commenté par S. Reinach.

 



W.H. Waddington 1853 (visit 1851 or 1852)

En 1851 ou 1852, W.H. Waddington visite Labraunda et confirme l’identification de Le Bas. Il n’est pas certain que Waddington se réfère ici à la lettre de Le Bas publiée en 1844, à un texte non publié ou à une communication orale. Ses commentaires concernent seulement la localisation, cependant il n’y a pas un seul mot sur les vestiges du site.


Le savant voyageur [Le Bas] a en outre découvert les ruines de Labranda, que Fellows semble avoir vues en passant sur la route d’Alinda à Mylasa. A l’époque de mon voyage je ne connaissais pas les découvertes de M. Ph. Le Bas; mais mes observations faites, Strabon à la main, confirment de point en point celles de mon prédécesseur.

J’appelle l’attention des géographes sur ces deux points, 

1o que la route pavée de Mylasa au temple de Labranda, se voit encore en maints endroits et que sa longueur mesurée de Mylasa aux ruines de Labranda, correspond très bien avec le chiffre de 68 stades, donné par Strabon;

2o Que l’expression éen tï)w (orei ne peut s’appliquer au temple corinthien d’Jakli, où plusieurs  voyageurs ont cru reconnaître l’emplacement de Labranda. Le chemin de Mylasa à Jakli, est assez plat, et ce village n’est pas situé dans la montagne.



        R.M. Smith 1862 (visit 1857)

Quelques années plus tard, quand l’expédition du British Museum travaillait à Halikarnasse et ailleurs en Carie, le Lieutenant R.M. Smith a séjourné dix jours à Labraunda pendant l’été 1857, prenant photographies et mesures des ruines. Son rapport a été cité et commenté dans Histoire des Découvertes de Newton. Un plan et une section du tombeau y ont également été intégrés. Dans ce compte-rendu, Newton se réfère à Leake, Prokesch von Osten, Pückler-Muskau, Fellows, Le Bas et Waddington, mais Smith n’y apparaît pas comme l’un des premiers visiteurs de Labraunda. Le rapport de Smith contient plusieurs mesures du «  temple  » que Laumonier a cru être les données chiffrées de Le Bas converties avec le système métrique anglais des pieds et pouces. Ceci est tout à fait improbable pour différentes raisons. Tout d’abord, Smith ne se réfère pas à Le Bas ; deuxièmement, il n’y a pas de similitude évidente entre les mesures de Smith, converties par le système métrique, et celles de Landron ; troisièmement, les clichés dans Architecture, Asie Mineure II 7-8, où l’on trouve les mesures de Landron, n’étaient probablement pas publiées avant 1858 ; et quatrièmement, les dessins du tombeau n’indiquent pas que Smith avait connaissance des dessins plus complets et plus précis de Landron de la tombe de Labraunda. Suit ci-après le récit de Smith tel qu’il a été cité par Newton.


Accompanied by one of the Turks who had come with me from Budrum, I went to Gargejek, a village in the mountains to the north of Mylasa, in the expectation of finding some one who might know of any ancient remains in that range of mountains. The village, however, was deserted, except by two children, who said that, if we went two hours farther up the mountain to a small village called Kodja Yailih, we should find some people who might be able to tell us what we wanted. We went, and there found the very remains I was looking for.

The position of the ruins discovered by me at Kodja Yailih quite agrees with Strabo’s statement, and with the direction in which Leake expected to find the site of Labranda. In the first place, the distance from Mylasa, although from three and a half to four Turkish hours, cannot be more than eight or nine miles in a direct line, thus corresponding to the sixty-eight stades of Strabo. Again, as to direction, the bearing from Mylasa is 24 ½ º east, or about 13º east, allowing for the variation of the compass. Now, a line drawn from Mylasa in this direction would pass close to Arab Hissar, where (according to Colonel Leake’s opinion) stood Alabanda.

The ruins are very finely situated near the summit of the Kodja Yailih mountains, the ancient Mount Latmus, according to Kiepert. A principal ravine opens from it down to the valley of Mylasa.

The site is covered with ruins of massive Hellenic masonry, some of which appear to have been terrace walls. The most important of these ruins is that of a small distyle temple in antis, consisting of a pronaos and cella, with a square recess at the end. The length of the cella inside the walls is 38′ 3″ by a width of 33′ 6″. The doorway is 12′ 2″ in width. Two lintel stones still stretch across the top. The height of the doorway is about 18′. The flanking walls consist of twelve courses, each about 1 ½ ′ deep. The thickness of this wall is 6′ ½″. Beyond the doorway the side walls of the pronaos extend 16′ 8″. At a height of 12′ from the ground outside, and 2′ 3″ from the floor inside, the walls are pierced at regular intervals by windows 6′ 3″ by 3′ 6″ at the base, tapering slightly upwards. Round these windows is a slight sinking, as if to receive shutters. The view from them is most striking, embracing the plain of Mylasa, Paitschin, Leros, Calymnos, Cos, Budrum, and the mountains all round. Near this building drums of fluted marble columns were lying about. The diameter of one was about 3′. A smaller one measured 2′ 1″.

. . .

Higher up the hill I found a remarkable tomb in an almost perfect state of preservation. It  consisted of a principal inner chamber, containing three plain rough-cut sarcophagi, and a smaller outer chamber, which has served as a vestibule to the other. (See Plate LXXVII.) A doorway leads into the outer chamber, and opposite to it was another doorway connecting the two apartments, the lintels of which were formed by a single stone in the manner shown in the section on E F, in the Plate. The sides and roof of the chamber were one continuous semicircular arch, constructed on the Egyptian principle.

The whole length of the tomb inside was 19′ 8″ by 11′ 2″ width. The side walls were carried up outside, so as to form an upper story, consisting of one room, occupying the entire area of the chambers, and roofed over with immense slabs, laid side by side like beams, and stretching from side to  side. The dimensions of all of these were nearly similar, viz. 16′ 2″ by 2′ 9″ by 1′ 7″. The height of the upper story from the floor is 3′ 11″. Outside the outer doorway the rock is cut level for a foundation.



        G. Cousin 1900 (visit 1889)

En ce qui concerne le 19e siècle, une seule visite est rapportée, celle de l’épigraphiste Français Georges Cousin qui évoque sa visite à Labraunda en 1889 dans une publication de 1900 au BCH. Son récit est bref et étrangement confus ; sans référence aux premiers visiteurs. Arrivant après deux heures et demie de Karkedjak, Cousin décrit les ruines de la manière suivante. Il considère l’Andron A comme une tombe, et pense identifier le temple au sommet de la colline où se trouve la forteresse.


Un mur en grandes pierres allant vers un monument en bel appareil. Il se compose d’une grande chambre rectangulaire précédée d’un vestibule ; on y pénètre par trois portes et les murs sont percés, à droite et à gauche, de trois baies et au fond d’une seule : ce sont autant de fenêtres( ?), et deux autres sont ouvertes symétriquement à droite et à gauche dans les murs du vestibule.

En bas se trouvent des colonnes. A côté de ce tombeau subsistent les restes d’un autre, mais pas de marbres ; rien que la pierre grise mal polie sur laquelle il n’y a point de lettres.

Plus loin un autre monument. On entre d’abord par une porte basse dans une sorte de caveau, au fond duquel se trouvent trois tombeaux vides. Le plafond en voûte est admirable de conservation. Au dessus de la voûte et reposant sur elle, une chambre rectangulaire d’un mètre de haut, couverte par de grandes plaques. Cette chambre est vide.

Nous montons au sommet de la colline. A mi-chemin, un mur bien construit marque peut-être la limite du péribole, qui devait être très étendu. Ce mur est construit en grandes pierres bien taillées ; mais en plusieurs endroits il a été détruit par d’immenses blocs tombés du haut de la montagne. De temps en temps la ligne du mur est interrompue par un petit mur perpendiculaire, un contrefort, reposant sur un rocher à pic et destiné sans doute à soutenir le grand mur contre la poussée des terres. D’ici la vue très belle s’étend sur la plaine de Mylasa et les montagnes qui la ferment. Le terrain du péribole n’est pas uni ; c’est une descente à pic. Enfin l’on arrive aux ruines.

Le temple est situé sur une esplanade à deux étages, taillée dans le roc et entourée de murailles ; on y entre par le mur de l’ouest.

Un rocher qui la domine est accessible jusqu’à son sommet par un escalier ; il servait sans doute au culte des hauts lieux, à moins qu’il ne fût un simple observatoire : la vue en effet est très étendue.

Dans l’amas de pierres qui représente les ruines d’un temple célèbre, nous n’en avons pas vu une seule qui portât des lettres ou fût même par son poli susceptible d’en recevoir. Le peuple carien travaille patiemment des blocs énormes, les creuse, en fait des tombeaux, y sculpte des figures grossières, mais n’y grave que rarement des lettres. Quand il écrit, c’est en caractères très grands, sur une pierre mal polie. Mais la pierre s’effrite peu à peu sous l’influence de la pluie ; le creux des lettres se remplit d’une matière dure qui ne cède pas au couteau, et l’on ne voit plus qu’une vague trace : on distingue qu’il y avait des lettres sans pouvoir les déchiffrer.




En conclusion, sept voyageurs ont atteint le site de Labraunda au 19e siècle. Cependant, les dates réelles de leur visite ne sont évidemment pas aussi importantes que les dates auxquelles leurs rapports furent publiés et donc connus de la communauté scientifique. Comme on peut le voir dans ma liste ci-dessous, la liste de publication ne suit pas exactement le même ordre que les visites. Cette liste présente également un problème : la date de la visite de Le Bas peut être datée de 1844 (la lettre dans Revue Indépendante), ou de 1853 (date probable du premier dessin de Labraunda par Landron dans Voyage archéologique, mais sans aucun commentaire écrit ; la même année Waddington annonça que le site avait été découvert par son collègue Le Bas). En 1888 (date de la seconde édition de Voyage archéologique, où la lettre de 1844 a été citée par Reinach), la visite de Le Bas était apparemment connue depuis longtemps, peut-être aussi en raison de sa carte sur la Carie avec la localisation correcte de Labraunda. Je laisse cependant au lecteur la décision de la position de Le Bas et Pückler-Muskau dans la liste.



A. Prokesch von Osten 1832 (visite en Avril 1827)

C. Fellows 1841 (visite du 20 Mars 1840)

Ph. Le Bas 1844 ou 1853 (visite du 17 March 1844)

H. Pückler-Muskau 1848 (visite du 18 Décembre 1838)

W.H. Waddington 1853 (visite en 1851 ou 1852)

R.M. Smith 1862 (visite en 1857)

G. Cousin 1900 (visite en 1889)



L’impression générale que les voyageurs du 19e siècle étaient bien renseignés sur les contrées et les sites qu’ils exploraient trouve une confirmation dans la juste identification de Labraunda. En effet, les sept voyageurs n’avaient pas de doute sur le fait qu’ils avaient trouvé Labraunda tel que le site est décrit dans la littérature antique. Cependant, il est à noter que non seulement Pückler-Muskau et Fellows, mais aussi Le Bas, Smith et Cousin ne connaissaient pas les précédents explorateurs, chacun d’eux maintenant qu’il était le premier à découvrir le mystérieux sanctuaire. Pour ainsi dire, ils ont tous cru qu’ils avaient planté symboliquement le drapeau de leur pays sur le site. Le peu d’intérêt porté sur le site dans la seconde moitié du siècle est peut-être la manifestation de ce même «  syndrome de la découverte  ». Les explorations de Smith et Cousin n’auraient peut-être pas eu lieu s’ils avaient eu connaissance des travaux de leurs prédécesseurs et de leurs résultats.

Une nouvelle ère de recherche commença avec Alfred Laumonier qui visita le site en 1932 et revint pendant 8 jours en 1933 à Labraunda mesurant les vestiges et cartographiant toutes les ruines visibles. Son but était de commencer des fouilles, mais par manque de financements ses plans n’ont pu se réaliser. Comme préparation, il avait réalisé une carte du site qui s’est avérée être utile pour A.W. Persson et son équipe lorsque les fouilles suédoises ont commencé en 1948.

Finalement, il est à noter qu’aucune découverte archéologique n’a été faite au 19e siècle qui aurait permis de confirmer que le site avait été correctement identifié. Laumonier fut le premier à faire une découverte qui peut être interprétée comme étant une preuve de l’identité du site : la première inscription grecque trouvée sur le site, un fragment d’inscription de la base d’une statue dédiée à Zeus Labraundos par un prêtre. La preuve formelle pour l’identification n’est cependant apparue qu’en 1948, quand les fouilles suédoises ont mis au jour les bâtiments sur lesquels étaient inscrites des dédicaces à Zeus Labraundos, à savoir l’Andron de Mausole et les Oikoi. De plus, les preuves archéologiques et épigraphiques ont aussi révélé que le prétendu temple de Jupiter était un andron, une salle à manger utilisée pour des banquets sacrificiels lors de festivals sacrés à Labraunda.


Ces cinq citations constituent les seuls témoignages anciens sur la localisation et sur les vestiges de Labraunda. La description de Strabon, cependant, semble assez précise pour permettre une première redécouverte du site. Ce n’est pourtant pas le cas. La Société des Dilettanti, créée à Londres en 1734, lance une expédition sur la côte ouest de la Turquie en 1764-66, et Richard Chandler, accompagné de Nicholas Revett et de William Pars, accomplit cette tâche. En fait Chandler a cru avoir trouvé le site de Labraunda et le temple de Zeus au village appelé Iakli. Il y avait un temple corinthien bien conservé à peu près à la même distance de Milas que celle donnée par Strabon et Élien pour Labraunda. Mais seulement quelques années après la parution du premier volume de Chandler, Ionian Antiquities en 1769, le scientifique français Choiseul-Gouffier a montré qu’une lecture correcte de Strabon indiquait en réalité que le site de Chandler était l’ancienne Eurômos. Cette localisation d’Eurômos fut aussi bien indiquée par J. D. Barbié du Bocage sur une carte publiée en 1799, que dans l’édition française de 1809 du rapport de voyage de Chandler. Il n’est donc pas aisé d’expliquer pourquoi on n’a pas trouvé Labraunda au 18e siècle. L’une des raisons est que le secteur montagneux et boisé était non seulement assez inaccessible, mais aussi dangereux pour les voyageurs en raison du brigandage. Richard Pococke, un explorateur du 18e siècle qui en 1743 a traversé la montagne depuis le nord, et dit qu’on lui avait signalé la présence d’ours et de sangliers, mais aussi de loups, de chacals et de tigres dans les forêts. Il a donc dû passer près de Labraunda, mais comme il n’a mentionné aucune ruine ni aucun vestige d’une voie antique, il a probablement voyagé sur une route à l’est du site, peut-être celle qui passait par Türbe, un site de pèlerinage musulman.

En 1824, W.M. Leake a correctement localisé Labraunda dans son rapport journalier de l’année 1800. Son identification du site d’Alabanda situé au village d’Arabhisar est également juste et il aurait donc pu en conclure que Labraunda se situait sur la montagne au nord-est de Mylasa  ; cette localisation était aussi indiquée sur sa carte. Leake était un officier d’artillerie, envoyé en 1800 à Constantinople avec un contingent militaire pour soutenir les forces ottomanes contre les Français qui occupaient l’Égypte. Quelques officiers déguisés, dont Leake, ont dû traverser l’Anatolie pour rejoindre l’Égypte. Ayant réintégré le reste du groupe à Chypre, ils ont été rappelés alors que la France acceptait de quitter l’Égypte. Leake, cependant, attrapa la jaunisse et dut rester à Alanya. Lorsqu’il fut rétabli, il voyagea à travers la côte sud et ouest pour rentrer à Constantinople. Pendant son voyage, il écrivit de nombreuses observations sur la géographie moderne et ancienne de cette zone.



A. Prokesch von Osten 1832 (visite d’Avril 1827)

Le premier visiteur du site de Labraunda est l’Autrichien Anton Prokesh. Tout comme Leake, il était à la fois militaire et scientifique. Né à Graz en 1795, il commença sa carrière militaire en 1813. Transféré de l’armée à la marine autrichienne en 1824, ses journées étaient très chargées dans l’est de la Méditerranée et il devint bientôt l’un des principaux experts autrichiens du Proche-Orient. Il fut nommé en 1827 chef d’état-major de la marine autrichienne et se vit conférer le titre de baron en 1830, d’où l’ajout de Von Osten à son patronyme. L’une de ses nombreuses missions diplomatiques au Proche-Orient était de contribuer à la signature d’une paix entre le vice-roi Mehemet Ali, Pacha d’Égypte, et le Sultan ottoman Mahmud II à Alexandrie. Plus tard, il servit en tant qu’ambassadeur d’Autriche à Athènes (1834 – 1849) et à Constantinople (1855 – 1872).

Lors d’un séjour dans le sud-ouest de la Turquie en avril 1827, Prokesh a visité Labraunda. Il a décrit cette visite dans un rapport publié en 1832 dans le journal scientifique autrichien. Dans cet article, il affirme, en s’appuyant sur Strabon, qu’on ne pouvait plus guère douter que le site découvert était bien Labraunda. Prokesh avait voyagé depuis Milas à travers les montagnes de Latmos en se dirigeant au nord vers Çine et Labraunda. Le village de Gargeseh mentionné dans sa description est sans aucun doute Kargıcak, situé à mi-chemin entre Milas et Labraunda. Juste au-dessus du village, Prokesh a trouvé les ruines d’une ancienne route pavée visible en plusieurs endroits, ce qui lui a sans doute facilité la découverte du site antique.



. . .   Von Mylassa ritt ich N. 30 o O. durch die Ebene nach einer groβen Gebirgsschlucht. Ich kam dabey durch einen starken Bach, wo die Reste einer Brücke aus byzantinischer Zeit stehen, nach 45 Minuten aber an einen Brunnen und an die Schlucht selbst. Da sah ich, nach zehn Monaten, meine alten Bekannten, die Turkomanen, wieder. Frey, stolz, von jungem Vieh und einem Haufen von Kindern umgeben, dünkten sie sich beneidenswerth unter ihren Zelten; und warum sollten sie es nicht seyn? – Man sah den Segen des Himmels in Heerde und Haus.

Wieder über ein Bächlein gehend, stieg ich nun das steile Gebirge hinan, so aus Glimmer und Schiefer, in den seltsamsten Brüchen und Riffen, besteht. Es ist als wenn entästetes Gehölz, ganze Wälder über einander gestürzt liegen. Der Glimmer war so reich an Glanz im Strahl der unbewölkten Sonne, daβ der Steig lange Strecken hindurch wie durch Silber und Gold zu führen schien, ein wahrer Zauberpfad; ich habe einen solchen in keinem Lande gesehen.

Schon hoch im Gebirge findet man das kleine Dorf Gargeseh. Dort beginnt Fichtenwald, der über den ganzen Rücken dieses Zweiges des Taurus gebreitet ist. Viermal traf ich auf Spuren einer römischen Straβe, die Stützwände aus schönen Werkstücken hatte. Das erste Mal tief unten, an einem Laufbrunnen aus alten Trümmern; daneben sind auch Reste eines viereckigen Baues; — dann in den Einsenkungen der verschiedenen Stufen der Höhe. Die Straβe ist an 30’ breit; der halsbrecherische Saumweg, den man jetzt benützt, führt ein paar Mal darüber.

Nachdem ich durch dritthalb Stunden fleiβig aufwärts gestiegen war, bemerkte ich zwischen den Fichtenstämmen altes Gemäuer. Ich stieg vom Pferde, hieβ mein Gefolge meiner warten, und ging durch das dichte Gebüsch von Mauer zu Mauer. Da vernahm ich plötzlich den Schrey eines Knaben, und sah hinter demselben eine Heerde von Ziegen und Lämmern auf der Flucht. ”Ein Mann, ganz schwarz, ganz schwarz!” rief das Hirtenkind, und floh einem Turkomanenzelte zu, das ich, um einen Felsen biegend, in dieser Oede ansichtig ward. Daraus traten zwey bewaffnete Männer hervor, besahen mich aus der Ferne eine Weile; und da ich, der unbewaffnet und allein war, für das Klügste hielt, ihnen entgegen zu gehen, so thaten sie deβgleichen, das gespannte Gewehr vor sich hinhaltend. Wie ich in diese Gegend käme? fragten sie mich wild. “Zu Pferde,” antwortete ich, “Wir sehen keine Pferde,” sagten sie. Ich rief meinem Diener, von dem ich aber zu ferne war, als daβ er mich hören konnte, und näherte mich daher, die Turkomanen wie an unsichtbarem Faden hinter mir nachziehend, langsam der Stelle, wo ich die Pferde gelassen hatte. Ich sah sie den Gedanken wiegen, ob sie losdrücken sollten oder nicht, aber ihre Furcht rettete mich, denn sie hielten mich für ein Gespenst. Meine Leute kamen, und die Sache erklärte sich.

Die Ruinen, die mir aus Römerzeit schienen, sind so verwachsen, daβ es schwer wird, daraus klar zu werden. Zur äuβersten Rechten war ein Tempel. Ein Portikus von zwölf Säulen steht noch aufrecht. Diese Säulen sind dünn, sehr angegriffen, ohne Knäufe und Gebälke. Eine groβe Menge von Gesimsetrümmern und Werkstücken liegt gehäuft dazwischen und daneben. In der Verlängerung dieses Säulenganges, der zur Rechten Absturz hat, folgt links eine mächtige Wand aus schön behauenen Blöcken ohne Mörtel, 134 Schritte lang, dann bricht sie rechtwinklig nach innen, und schlieβt sich noch 40 Schritte an eine ihr gleichlaufende Reihe von Gemächern, die nicht weniger als 200 Schritte Länge haben dürfte. Am Ende dieser Mauer, etwas höher, steht ein Thor, dem folgt ein viereckiges Gebäude zu drey Fenstern in der Vorder- und Hinterseite, — die eine Seitenwand ist geschlossen, durch die andere führt ein breites Thor. Im Raume dieser Gebäude steht eine der gröβten Reben, die ich jemals gesehen habe, sie steigt in vielen Windungen zu einem Baume auβerhalb dem Gebäude auf — sie schwingt sich zum Fenster hinaus und hebt sich an der Mauer. — Jenseits dieses Baues ist wieder Abstufung. Die ganze Breite der Ruinen beträgt also nicht viel über 400 Schritte. Auch die Höhe ist geringe. Denn ober dem Gebäude, schon zwischen den Felsen, zieht nur noch eine Wand hin, und steht ein schmales Gemach. Darüber ist kein Raum mehr für Bauten. — War hier Labranda? Daran ist, wenn man Strabo vergleicht (XIV. 659), wohl kaum zu zweifeln. Die Reste weisen auf keine Stadt, sondern vielmehr auf einen Tempel, von Priestern umwohnt. Die römische Kunststraβe endet an dieser Stelle. Viele alte Brunnen und Quellen sind da zu sehen, auch ganz sonderbare Gräber, in die Felsenblöcke, die da wie ungeheure Kuchen herumliegen, gehauen. Diese Kuchen sind nämlich ausgehölt, im Innern laufen Bänke längs den Wänden, die Sargstelle ist bey den einen in den Boden gesenkt, bey den andern nicht, — die Gewölbe sind nieder, und roh; ich sah keine Inschrift.

Von dort braucht man noch ¼ Stunde, um das Gebirge zu ersteigen.  Von Melasso ist man N. 30o S.; die See glänzt im Westen, Schneegebirge im Osten.

Nach ¾ Stunden abwärts, in der Richtung N., erreicht man eine Bergwiese und ein Wachhaus; geht dann über eine Waldebene, und, einem Bache, der aus einem Felsbrunnen entspringt, folgend, über schwindliche Wege wieder abwärts, immer durch Wald, und den Gebirgszug zur Linken, durch drey Stunden, bis man die Ebene erreicht. Kurz vorher stürzt der Bach an 40’ tief durch das Kuchengestein, und füllt das Thal mit seinem Gebrause.

Ist man in die Ebene gekommen, so hat man links auf den Höhen eine Anlage für Bienen und weiter das Dorf Bogkö, nicht ferne davon ein zweytes, Jenideresse, gleichfalls auf die Höhe geflüchtet; zwey mächtige Bäume mit Brunnen und Grab unten am Wege — dann die Reste einer alten Stadt (vielleicht Badessus [corrected to Pedason in Denkwürdigkeiten und Erinnerungen aus dem Orient, 1837, 451] oder Alinda), hunderte von Särgen, wie zu Assos, auf Piedestale gestellt, — Reste von Ummauerung — Reste eines Stadiums, worin noch die Sitze zu sehen sind, viereckig umdämmte Teiche, viele Trümmer, selbst von Wohngebäuden, und auf der höchsten Bergspitze einen Thurm. Von dort bis an den Ort Karpuβli ist noch eine Stunde Weges. Man reitet fortwährend Nord, und kömmt über einen Bach, der aus Westen nach Osten flieβt. Karpuβli liegt am jenseitigen Abhange. Es ist ein elendes Dorf, aber der Hauptort der Gegend, und der Aga desselben lieβ sich Bey schelten. In seinem Hause brachte ich die Nacht in Ruhe und Sicherheit zu, und nahm dort Pferde nach Aidin, im Thale des Mäander.


Il semble probable que le porche à douze colonnes (Potikus von zwölf Säulen) et les 134 marches le long du mur à sa gauche, décrits par Prokesh, soient le hall à colonnade (c-à-d. le Bâtiment Hypostyle) dans l’angle sud-est du site et l’imposant mur de soutènement ; et que les séries de pièces de sa description soient celles situées juste au nord du grand mur de soutènement. La porte, qui apparaît ensuite dans la description de Prokesh, peut correspondre à la grande fenêtre dans le mur d’entrée de l’andron de Mausole. Les vestiges de l’édifice rectangulaire à trois fenêtres est bien sûr ce que l’on croyait être le temple de Zeus, mais qui est une salle de banquet appelée aujourd’hui Andron A. La chambre étroite citée à la fin est sans aucun doute l’imposant tombeau monumental juste au-dessus du sanctuaire.



   H. Pückler-Muskau 1848 (visite du 18 Décembre 1838)

    Seulement six années se sont écoulées entre le rapport de Prokesh et la visite suivante, par le pittoresque comte germanique Hermann Pückler-Muskau (1785 – 1871). Né à Muskau dans la Saxe (Oberlausitz, Sachsen), à quelque 210 km au sud-est de Berlin, il s’est fait un nom non seulement comme écrivain et paysagiste, mais aussi comme dandy excentrique et célèbre voyageur. Le congrès de Vienne en 1815, où la Prusse lui a donné deux cinquièmes de la Saxe, a fait de lui l’un des quinzièmes plus importants propriétaires du pays, et en 1822 il reçut le titre de prince. Il a effectué plusieurs voyages en Angleterre et devint un disciple du chef jardinier paysagiste Humphry Repton. À l’occasion d’une réception en plein air à Cobham Hall en juin 1828, Charles Dickens a cru l’avoir rencontré et s’en est inspiré pour son portrait du Comte Smorltork dans les Aventures de M. Pickwick. Plus tard, le portrait de Pückler-Muskau, décrit après un long voyage en Turquie, fut dans la nouvelle satirique de Karl Immermann Münchhausen, Eine Geschichte in Arabesken. Ce voyage particulier a commencé en 1835 à Alger, puis il visita plusieurs sites à l’intérieur des terres de Tunis. Il prit alors un bateau pour Malte où il poursuivit vers Patras en Grèce après une mise en quarantaine de quinze jours. Début 1836, il arrive à Athènes où il reste trois mois et fait la connaissance de l’ambassadeur autrichien Prokesch von Osten et de sa femme et du Roi Otto I. Il visite l’Égée et plusieurs îles dont la Crète. Début 1837, il arrive à Alexandrie où il est reçu avec bienveillance au Caire par le vice-roi Mehmet Ali grâce à une lettre de recommandation de Prokesch. Il passe les deux années suivantes en Égypte, voyage le long du Nil jusqu’à environ 200 km au sud de Khartoum. Pour son voyage de retour, il passa par Alexandrie, et par bateau jusqu’à Jaffa, puis continua vers Jérusalem et Damas. Il resta ensuite trois mois à Alep, poursuivit en bateau d’Antioche à Beyrouth (détour obligé), puis Chypre, Rhodes et Kos, un voyage non sans danger en raison du temps orageux. Heureusement pour lui, les douze chevaux de valeur qu’il avait acquis à Alep ont été amenés par la route à Smyrne. Ayant échappé de peu au naufrage, lui et ses compagnons restèrent un mois à Stanchio (Kos), puis ils poursuivirent par la route de Bodrum à Milas, Çine et Aydin jusqu’à Smyrne et Constantinople. En décembre 1838, il visite Labraunda qui était sur son chemin de Milas à Alinda. Sa description montre qu’il était bien conscient du fait que le site était bien Labraunda ; pour y arriver il a fait usage de la voie antique pavée. Après quelques heures, il arrive à Labraunda et assiste à de spectaculaires chutes de neige.


Der 18. December war ein herrlicher Tag ohne die Spur eines Wölkchens am Himmel, aber so kalt, daβ selbst in der Sonne das über Nacht gefrorne Eis nicht gänzlich aufthauen wollte. Ich benutzte dies schöne Wetter, um mit Courierschnelle, in Gesellschaft Machbuba’s, des Grafen und meines Wirths, nach den drei Stunden entfernten Tempelruinen von Mandalia zu reiten, welche zu den schönsten an der ganzen Küste Kleinasiens gehören und in einer reizenden Gegend, unfern des Flusses Karkadschük, gelegen sind. Chandler erklärte diese Ruinen für die von Labranda, Choiseul Gouffier  und Barbier Dubocage haben aber zu beweisen gesucht, daβ sie dem alten Euromus angehören, was auch ohne Zweifel richtig ist. Das wahre Labranda glaube ich dagegen in einem tiefen Walde und an einem Orte aufgefunden zu haben, den ich noch in keiner Reisebeschreibung erwähnt sah, wovon ich sogleich weitere Meldung machen werde.

Der Tempel von Euromus, ganz aus weiβem Marmor aufgeführt, ist von corinthischer Ordnung, im Styl der maison quarrée zu Nismes, aber bedeutend gröβer. Es stehen noch 15 seiner Säulen aufrecht, wovon 8 auf seiner langen und 4 auf der vordern Seite, die überhaupt nur fünf zählte. Die zwei andern Seiten sind ganz umgeworfen, und was nicht zum Kalkbrennen verbraucht wurde, welchen Weg auch in Griechenland so viele Säulen gegangen, liegt noch an der Erde mit der eingestürzten Decke. Rothblühende Oleandergebüsche sproβten lieblich aus den über einander geworfenen Carniesen, Architraven und Friesen des Gebälks, und Epheu schlang sich üppig um die Säulenschäfte. Auf einigen der letztern befinden sich Inschriften, die jedoch nichts besagen als die Namen einiger Personen, welche Beiträge zum Bau des Tempels gegeben. In geringer Entfernung sieht man die alten Stadtmauern von Euromus mit viereckigen und runden Thürmen von den Bergen ins Thal herabsteigen, theilweise noch gut erhalten, und in einem Felde neben dem Tempel stehen eine lange Reihe Sarkophage, meistens mit Blumenguirlanden und Widderköpfen verziert. Zwei davon haben noch ihre Deckel und sind nur an den Seiten aufgebrochen, in der ewigen Täuschung Schätze darin zu finden. Eine Viertelstunde weiter in der Ebene sahen wir die Trümmer eines andern groβen Tempels, von dem aber nur eine einzige Säule noch steht; alle Felder im Umfang einer halben Stunde umher waren mit Ruinen bedeckt, unter denen sich auch die zweier Cisternen befanden. Viele dieser Ueberreste hat man wiederum zu neuen Bauten benutzt, unter andern zu einem recht malerisch dadurch gewordenen türkischen Brunnen und einer Kirchhofsmauer, dicht neben einem majestätischen Hain uralter immergrüner Eichen von auβerordentlicher Gröβe. Der kurze Rasen unter ihnen glänzte mit einer Frische wie in einem englischen pleasure-ground. Ueberhaupt war die ganze Gegend von der gröβten Ueppigkeit, überall vorzüglicher Ackerboden und die Berge (der Graus) dicht mit Nadelholz bewachsen. Dazu gab es heute auch noch eine festliche Staffage; denn der Bairam hatte begonnen, und wir begegneten vielen Türken mit Blumenbouquets an den Köpfen. Sie tragen nämlich die Blumen nicht wie wir am Kleide, sondern unter den Tarbusch gesteckt, so daβ sie am Gesicht herabhängen, was das Gute haben mag, daβ die Nase ihrem Duft immer nahe bleibt. Ich hatte mit Machbuba den Weg so schnell zurückgelegt, daβ der Graf und Herr Ismerli nicht folgen konnten, und erst ankamen, als wir schon wieder weggeritten, weshalb sie von den Ruinen allerdings nicht viel zu sehen bekamen. Die türkischen Postillone, immer mit einem furchtbaren Kurbatsch bewaffnet, haben in ihrem lesten Benehmen viel Aehnlichkeit mit den französischen, und sprechen auch eben so viel mit ihren Pferden. Folgender Zuruf schien den stärksten Eindruck auf diese zu machen: E...heu Allah! und dann ein langer durchdringender Pfiff zum Schluβ. Bei uns pfeift man um die Pferde zu beruhigen, die Türken aber — welche fast in Allem das Entgegengesetzte dessen thun was bei uns üblich ist — um sie anzutreiben. Die Araber der Wüste, welche weder Peitsche noch Sporen kennen und meist statt des Zaumes ihren feurigen Rennern nur einen Strick durch das Maul ziehen, gewöhnen diese auch blos an Zeichen und Worte, mit denen sie dennoch die Thiere besser regieren als wir mit allen gewaltsamern Hülfsmitteln.

Da der jüdische Diener, den mir Herr d’Avenat von Stanchio mitgegeben, durchaus unbrauchbar war und überdies so abergläubisch, daβ er nie etwas essen wollte was von uns nur angerührt worden, so schickte ich ihn von hier aus zurück und erhielt statt seiner auf meine Bitte vom Viabanda (eine Art Maire) von Mylasso einen Soldaten, um mich auf meine Kosten bis Aidin zu begleiten. Mit diesem hatte ich alle Ursache zufrieden zu seyn.

Wir verließen unter seiner Escorte die Stadt gegen Mittag bei dunklem Himmel, einer stechenden Sonne trotz der Kälte der Luft, und abwechselndem Regen. Nach einer Viertelstunde passirten wir wieder den Fluß Karkadschück, dessen alter Name uns nicht aufbewahrt worden ist, und erreichten bald darauf den Fuß des hohen Bergzugs Sakarkaja, über welchen die Straße nach Karpuslik führt. Hier beginnt ein unermeßlicher einsamer Wald, größtentheils mit hohen Kiefern bestanden, den wir in der Ausdehnung von sieben Stunden heut nicht mehr verließen. Die Gegend ist wildromantisch, mit herrlichen Aussichtspunkten von den Gipfeln und überall von Felsen pittoresker Formen durchzogen. In den ersten Stunden herrschte noch der Marmor und ein in der Sonne glänzender Glimmerschiefer vor, später nahm ein dunkler Sandstein deren Stelle ein, von dem ungeheure Massen in den wunderlichsten Gestalten über einander gethürmt sind, fast immer am Gipfel abgerundet und oft oben stärker wie unten, so daß sie in dieser Bildung riesenhaften Pilzen glichen, als habe die Natur spielend hier auch im Steinreich die Formen der Pflanzenwelt nachahmen wollen.

Da mir hauptsächlich daran gelegen war Labranda aufzufinden, so hatte ich schon am Fuß der Berge die Hauptstraße verlassen und mit meinem Türken zu Fuß einen beschwerlichen Fußsteig eingeschlagen, der an vielen durch Felsen gehauenen Stellen deutlich zeigte, daß er schon im Alterthum als ein Weg für Saumrosse oder Maulthiere benutzt worden sey. Nachdem wir einen hohen Bergrücken erstiegen hatten, wo die Wildheit der Gegend ihren Culminationspunkt erreichte, entdeckte ich, durch die mir gegebenen Notizen des Türken geleitet, zwischen hohen Bäumen in einiger Entfernung zu meiner großen Freude ein langes, wohlerhaltenes Bruchstück des breiten, von ansehnlichen Mauern großer Blöcke gestützten und mit Steinplatten belegten Processionsweges, der (wie bemerkt) nach Strabo 68 Stadien weit von Mylasso zum Jupitertempel führte. Dies gab uns Gewiβheit, daß wir uns in der gewünschten Richtung befänden, und in der That ward es nun nicht mehr schwer von Zeit zu Zeit weitere Ueberreste der Feststraße aufzufinden, so daß wir sogar zuweilen unsern Weg mehrere Minuten lang bequem auf ihr selbst fortsetzen konnten. Der Regen begann jetzt in der höhern Region sich in Schnee umzuwandeln, der so dicht wie in unserem Norden niederfiel und bald eine zollhohe Decke über den Boden gebreitet hatte. Nach langem rastlosen Wandern kamen wir an einen Theil des Waldes, wo die Kiefern mit vielen uralten Bäumen verschiedenartigen Laubholzes gemischt waren. Hier sandte ich, mich einstweilen unter einem Baume niedersetzend, den Türken fort um die übrige Reisegesellschaft wieder aufzusuchen und, mit Ausschluß der Maulthiere die das Gepäck trugen, wo möglich herzubringen, da das Terrain hier offener und der Weg freier wurde.

In einer halben Stunde waren wir auch glücklich Alle wieder vereint, und fanden nun bald die reichlichste Belohnung unserer Mühe, indem wir nach wenigen Minuten, an eine Berglehne voll Felsgruppen gelehnt, so weit wir duch das Schneegestöber sehen konnten, eine fortlaufende Masse von Ruinen vor uns erblickten, mit vielen Säulen, hohen Terrassenmauern, Sarkophagen und einigen bis an das Dach erhaltenen großen Gebäuden. Dergleichen konnte in solcher Ausdehnung, an diesem wilden einsamen Ort auf der Höhe eines unbewohnten Gebürges gelegen, und erst am letzten Bruchstück des nur bis hierher führenden antiken Weges beginnend, durchaus nichts anderes als Labranda seyn. Auch traf Strabo’s Angabe der 68 Stadien mit der von uns zurückgelegten Distanz vollkommen überein, indem 68 Stadien ungefähr drei Stunden betragen und wir, obgleich zu vielen Umwegen genöthigt, doch nur vier Stunden zu Fuß gebraucht hatten.

Da der Tag sich schon zu seinem Ende neigte und uns daher wenig Zeit zur Untersuchung dieses merkwürdigen Ortes übrig blieb, so wäre freilich Sonnenschein und klares Wetter wünschenswerth gewesen, doch was den romantischen Totaleindruck betrifft, so glaube ich, daß wir eher gewannen als verloren. Denn nichts konnte imposanter und origineller zugleich seyn, als das Umherirren in diesen prachtvollen südlichen Trümmern, von tiefem Schnee bedeckt, der fort und fort rastlos auf uns niederfiel, während die überall in ihrer Todeseinsamkeit mit der luxuriösesten Vegetation durchflochtenen Ruinen, sich hinter dem durchsichtigen Schneeschleier immer nur theilweise zeigend, ohne Ende schienen, und in dieser Dämmerung noch viel colossaler hervortraten als es bei klarem Himmel der Fall gewesen wäre. Wenigstens war dies unsere einstimmige Meinung. Das Local des grossen Haupttempels wurde an dem majestätischen Quarré des Unterbaues und einigen cannelirten Säulenschäften von größerem Umfange leicht erkennbar. Ein nahe liegender Palast mit viereckigen Fensteröffnungen diente vielleicht als Wohnung des Oberpriesters. Von zwei anderen kleineren, zierlichen Tempeln stand noch der größte Theil der Säulen. Ein Porticus weiter hin war gleichfalls gut erhalten, aber fast bis oben hinan verschüttet; einen andern Theil der Berglehne nahmen große Cisternen ein, und in noch weiterer Entfernung fanden wir viele Felsengräber. Fortwährend entdeckte man neue interessante Gegenstände, und wäre es Sommerszeit gewesen, so hätte ich gewiß hier bivouakirt, um den Morgen zu erwarten, aber heute war dies unausführbar. Sowohl unser Türke als der Postillon trieben ängstlich zur Eile und schleunigsten Fortsetzung unseres Weges, wenn wir nicht die Nacht im Schnee zubringen wollten, wozu wir, durchnäßt, ermüdet, und trotz der Kälte von der Anstrengung des Kletterns auf den glitschrigen Trümmern durch und durch erhitzt, natürlich wenig Lust hatten.

Es kostete nicht geringe Mühe durch den Wald auf halsbrechendem Terrain über Felsen und Gestrüpp herunter zu kommen, Passagen, die nur hiesige Pferde zu überwinden vermögen, wo selbst manche Landstraßen von der Art sind, daß unsere kühnsten Reiter davor stutzen würden, geschweige das Durchdringen einer solchen menschenleeren Wildnis. So sehr ich selbst an dergleichen gewöhnt bin, blieb es mir doch einigemal fast unbegreiflich, wie bei dem schwachen Schneelicht dieser Nacht die Thiere sich durch die über einander geworfenen Blöcke durcharbeiten oder auf den glatten steilen Felsplatten zu halten vermochten. Nur ein Pferd, und zwar das des vorreitenden Postillons, fiel einmal, doch glücklicherweise ohne Schaden für den gewandten Orientalen. Wir brauchten drei Stunden ehe wir  bei einem Dörfchen, mitten im Walde in einem tiefen Kessel liegend, Turpé gennannt, die Straße wieder erreichten. Dazu schneiete es immer noch ohne Unterlaß, so daß meine arme Abyssinierin, ganz mit einer Eiskruste bedeckt, wie ein Schneemann auf ihrem Pferde saß, ohne doch einen Augenblick Ungeduld zu zeigen. Die elende Hütte, in der wir übernachteten, bot ein anziehendes Genrebild. Die eine Wand des niedrigen schwarzen einzigen Stübchens ward ganz von einem Kamin eingenommen, der bis an die Decke reichte und in dem ein Stück Kiefernstamm von wenigstens anderthalb Fuß Durchmesser emporloderte. Daneben lagen auf einer Bastmatte vom Feuer roth beleuchtet und gewiss halb davon gebraten, der Bauer, dem die Hütte gehörte, und ein jüdischer Krämer mit seinem Waarensack, beide aus kleinen Pfeifenstummeln rauchend. Sie machten indeß respectvoll Platz als wir eintraten, um später im Stall zu übernachten, und nachdem wir uns selbst nothdürftig eingerichtet und unsere Teppiche auf dem schmutzigen Boden ausgebreitet, brachte uns der Wirth mit dem besten Willen, aber wenigem Vermögen, zum Abendessen in Salz gelegte frische Oliven, in Wasser gekochte weiβe Bohnen, pulverisirten Käse und ausgelaufenen Honig mit einigen dünnen unausgebackenen Fladen, die man hier Brod nennt; hierzu als Getränk reines frisches Quellwasser. Milch, Eier, Fleisch u.s.w. hatte er nicht. Der Hunger ließ uns jedoch auch dies frugale Mahl nicht verachten, und froh uns wieder in trockenen Kleidern durchwärmen zu können, tafelten wir in der besten Laune, um so mehr, da Graf Tattenbach Sorge getragen hatte einige Flaschen Mylassoschen  Champagner mitzunehmen, den unsere verwöhnten Gaumen auch dem besten Quellwasser vorzogen.

Da wir von hier nur noch vier Stunden bis Karpuslik hatten, so konnten wir mit aller Bequemlichkeit am andern Morgen ausruhen. Während man unsere Pferde sattelte und die faulen Katerdschis ihre Maulthiere beluden, was immer kein Ende nehmen wollte, erstieg ich mit dem Grafen einen nahe der Hütte gelegenen Hügel, in dessen rundem Sandsteingipfel eine Schichte des schönsten schlohweiβen Marmors wie eingegossen lag. Die Aussicht von hier war äuβerst anmuthig und dieser Platz wie geschaffen für ein Jagdschloβ. Vor uns breitete sich ein weites fruchtbares Thal aus, voll Laubholz, mit einem sich hindurch schlängelnden Bach und einem kleinen See, rund umgeben von hohen schwarz bewaldeten Bergen. Den untern Theil dieser Höhen begränzten lange Streifen schlanker Pinien, deren gewölbte Kronen von hellem Grün blendend gegen das dunklere Nadelholz abstachen. Es war eine Landschaft, die lebhaft an Claude Lorrain’s Bilder erinnerte.



La brève description de Pückler sur les vestiges est confuse et n’est pas très utile ; l’imposant temple principal est aisément identifié comme l’Andron A. Il reste cependant des doutes quant aux autres vestiges qui ne peuvent pas tous être identifiés ; le «  palais voisin  » (Ein nahe liegender Palast) avec ses fenêtres rectangulaires, suggéré comme étant les quartiers d’habitation des prêtres, pourrait être l’Andron B dont une fenêtre était visible avant les fouilles ; aussi il peut être suggéré que les deux petits temples de Pückler avec les colonnes en élévation et le portique bien conservé, mais presque complètement enterré, sont en fait les seules autres constructions à colonnade encore en élévation en 1934, à savoir la stoa, construction à colonnes au sud-est (Bâtiment hypostyle) et la fontaine du mur de terrasse médian.



       C. Fellows 1841 (une visite en Mars 1840)

  Charles Fellows (1799 – 1860) fait partie des premiers visiteurs, peut-être le plus connu parmi les premiers explorateurs de Lycie. Il a fait deux excursions en Asie Mineure en 1838 et 1840 qui l’ont amené non seulement en Lycie, mais aussi en Carie. Venant du Nord par Milas (Mellassa) en mars 1840, il s’arrêta sur le site et observa «  un bel édifice » avec fenêtres ainsi que la voie antique et cita Leake quant à la possibilité que le site soit Labraunda. Selon Laumonier, Fellows aurait vu Eurômos en lieu et place de Labraunda, mais le texte cité montre que ce n’est pas tout à fait exact.


March 20th.—For nearly two hours this morning we continued our ascent of the wooded mountain-range towards the west-south-west, craggy and highly picturesque, but not very steep. Along the ridge of the mountain the trees became less thick, and allowed us to look down the ravines of hills upon the extended view that opened before us to the westward, over the plains of Mellassa,  bounded by the bold mountains skirting the Cerambic gulph; the sea formed, as it were, a placid lake, and the island of Cos, with the promontories of Halicarnassus and Cnidus, were gray in the distance.

The vegetation during our morning’s ride had changed from the unvaried underwood of the dwarf oak to the heath, cistus and lavender; flowers were sparkling between the bushes, and the blossom already covered the yellow broom. The geological features, as we passed the summit, also changed; the coarse granite seemed gradually to cease, appearing only in rolled blocks, over the shivered slaty rocks which abound so much throughout the whole of Anatolia: thick veins of quartz protruded in ridges, and the blocks of granite were veined with lines of a black quartz. The rocks, as we descended, became more and more schisty, until at every step they crumbled into a silvery dust of mica; the beaten track of the road consisting almost wholly of blocks of quartz, the only durable remnant of the decomposing rocks. This increase and change of soil carried us at once, as we descended, into a spring of flowers. I never saw anemonies so numerous and varied: on the meadow at our feet I can compare them to nothing but a rich Turkey carpet, in which the green grass did not form a prominent colour amidst the crimson, lilac, blue, scarlet, white and yellow flowers. The black iris and a hyacinth were the only additions I made to my collection of plants.

At about twelve miles before we reached Mellassa, and to the north-east of that city, we passed, amidst the woods, some important ruins, of good masonry and of an ornamental character; one fine building, with a door twelve feet wide within a windowed portico, and the square interior or cella having windows on either side, seemed among the most prominent. The portico, formed by the extension of the side walls of the cella, is of the kind known as a portico in antis: two fluted columns lay near it. The whole of the buildings of the place seemed compact, and may probably have been enclosed by a long wall running in front. Three or four tombs, partly cut in the rock, attracted our attention to the place, a few hundred yards before we arrived at the ruins.

In descending the mountain toward Mellassa, we followed and continually crossed and re-crossed an ancient paved road, the large stones differing from those of later days by being wrought and fitted together with the protruding natural rock: the road, in passing ravines, was also built up with solid Greek masonry. This way doubtless continued to the ancient city of Mylasa. Colonel Leake says, that about this spot he thinks it probable may be discovered the remains of Labranda, which name is at present given to the ruins and temple to the north-west; to those he proposes the name of Euromus.

March 23rd, Mellassa (the ancient Mylasa).—We arrived here in a violent storm early in the afternoon of the 20th, and have been detained by the continued rains, which have almost kept us prisoners in our khan, or allowed us but short walks about the town. The rivers in the neighbourhood are much swollen, and the whole country flooded. We have made one excursion to see the temple, on the spot called ancient Labranda, but the rain fell in such torrents, that the few inscriptions we copied with difficulty, while sheltering the paper with our caps, were afterwards almost obliterated, our portfolios and pockets being completely saturated by the rain. I was anxious to visit this temple again, as my observations on my former tour, of the differences in its columns, had been explained to me in so interesting a manner by the interpretation of the inscription upon the tablet of a column, stating that its shaft, base, and capital had been contributed by an individual in honour of his daughter.