Oikoi_building_tr.html

Labraunda

Oikoi_Building_eng.html
 

    À l’arrière du temple, quelques pas vers l’Ouest, se trouve un petit bâtiment avec deux pièces à l’arrière d’un porche. Sa façade de 13 m de large présentait quatre colonnes doriques. Des entailles sont visibles de chaque côté des colonnes et des antes. Elles servaient à la fixation de grilles en métal qui fermait l’espace entre les colonnes. L’entrée se faisait sans doute par un portillon ouvert entre deux colonnes.

L’ante sud a été reconstruite avec sept blocs provenant tous de l’ante nord ; certains d’entre eux sont placés à l’envers. À l’origine, l’ante était composée de 9 blocs et les colonnes disposaient de quatre tambours et s’élevaient sur une hauteur totale d’environ 4,33 m en incluant le chapiteau. Les colonnes portaient une architrave dont les blocs se trouvent maintenant derrière le stylobate. Elle porte une inscription dédicatoire révélant le nom d’Idrieus.


IΔPIEYΣ EKATOMNΩ MYΛAΣEYΣ ANEΘHKE TOYΣ OIKOYΣ ΔII ΛAMBPAYNΔΩI


Idrieus, fils de Hekatomnos de Mylasa, dédie les Oikoi

(c.-à-d. les chambres) au Zeus Lambraundos

ΔII ΛABPAYNΔΩI

TITOΣ ΦΛABIOΣ NEΩN IE

PEYΣ THN ΣTOAN EΣKE

ΠAΣEN TH OIKOΔOMH

KAΘ A YΠEΣXETO


Au Zeus Labraundos. Le Prêtre Titus Flavius Neon a protégé la stoa, le rénovant en accord avec sa promesse

Les Oikoi vu de l’Est.

    En façade de l’architrave, au-dessus de l’inscription, on peut voir de grandes entailles en forme de queue de pie sur tous les joints des blocs de pierre. Dans ces entailles, qui n’avaient pas de but fonctionnel, étaient placées des décorations métalliques en forme de double hache. Elles ne sont pas sans rappeler le symbole de Zeus Labraundos.

Bloc de l’architrave des Oikoi avec l’inscription  :

TOYΣ OIKOYΣ ΔII

    Au-dessus de l’architrave dorique inscrite, on remarque l’absence de frise à métopes et triglyphes, ce qui est indiqué par la position des entailles au sommet des blocs de l’architrave. À la place, le bâtiment semble avoir été doté d’un autre type de frise, composée de blocs de marbre lisses probablement peints. Au sommet, sous le toit, se trouvait un geison dont l’apparence était également inhabituelle. Il n’était pas lisse et n’était pas équipé des mutules doriques habituelles (consoles rectangulaires décorées de 3 rangées de 6 petits cylindres saillants ou gouttes). Le toit du bâtiment en forme de selle était incliné vers l’avant et il y avait des frontons simples sur les côtés de cette construction.

La fonction de l’Oikoi n’est pas évidente. Il a été suggéré qu’il était destiné aux prêtres du sanctuaire et aux archives, peut-être un prytanée (maison du conseil). Il a pu servir également pour les repas rituels, ou au même titre que les deux androns. La principale fonction des Oikoi a cependant dû être celle d’un trésor destiné à sauvegarder les cadeaux de valeur faits aux dieux.

Restitution de la façade des Oiko

(T. Thieme).

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Agrafes en bronze liant deux blocs du stylobate des Oikoi. Les agrafes sont fixées dans d’élégantes entailles en forme de papillon, qui étaient à l’origine recouvertes de plomb cachant les fixations en bronze.

    Une inscription, découverte à l’entrée de la chambre sud, est maintenant visible au nord, en avant du bâtiment. Le texte nous informe sur la construction du nouveau toit du porche par un prêtre de Labraunda à la fin du 1er s. ap. J.-C.  Il a été gravé sur une pierre réutilisée qui a le même profil sur tous ses côtés que les chapiteaux de l’ante des Oikoi, et qui, à l’origine, a probablement appartenu à un pilier non encastré.

Plus tard, probablement au début de la période byzantine, la grande pièce sud du bâtiment a reçu un dôme en briques reposant sur des piliers positionnés à chaque angle de la chambre. En même temps, une base en briques avec un revêtement de marbre a été construite dans la chambre nord. La pierre de l’apex du toit, trouvée dans la partie nord de la pièce, près de l’entrée, repose maintenant sur la base.