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Labraunda

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   Le tombeau ayant été ouvert à plusieurs reprises, il ne nous est pas permis de connaître ce qu’il y avait à l’intérieur. À mon avis, il est peu probable que ce soit la tombe d’Idrieus, tout d’abord parce que les blocs architecturaux sont tous en gneiss. En effet, toutes les constructions érigées par Idrieus à Labraunda sont soient entièrement bâties en marbre, soient ont une façade en marbre. Il est donc improbable que le tombeau d’Idrieus soit entièrement fait en gneiss.

Tombe Monumentale Construite, vue du Sud.

    La Tombe Monumentale est située dans la partie nord du sanctuaire qu’elle domine depuis le flanc abrupt de la montagne. Elle mesure 7,8 m de large et 9,7 m de long (à peu près 13,5 m en incluant la cour intérieure). Sur la pente en contrebas gisent des fragments d'architecture dorique qui appartiennent à la superstructure de la tombe. Le plafond de la chambre funéraire et de son antichambre est formé d’une voûte monumentale en encorbellement. Ces deux pièces sont surmontées d’une chambre unique, basse de plafond. Le profil des éléments architecturaux et le type de voûte indiquent une datation dans la seconde moitié du 4e s. av. J.-C.  On peut voir dans la cour intérieure un énorme bloc de gneiss servant à fermer l’entrée du tombeau. L’anti-chambre est flanquée de deux sarcophages construits composés de dalles en pierre inscrites dans les murs latéraux de la construction. Dans la chambre funéraire, on trouve trois larges sarcophages monolithiques.

Section de la Tombe Monumentale Construite, par E. Landron, in: Le Bas, 1847–70

Chambre de la Tombe Monumentale Construite,

vue de l’entrée.

    Ensuite, puisqu’il semble appartenir à la deuxième moitié du 4e s., il est plus envisageable qu’il ait été construit pour une dynastie de prêtres héréditaires, lesquels ont été les personnages les plus importants à Labraunda après l’époque de Mausole et d’Idrieus. Le prêtre Korris est le meilleur exemple du haut statut de Labraunda et de son prêtre, lui qui s’était plaint aux environs de 240 av. J.-C. au roi Seleukos II de Syrie à propos des méfaits de Mylasa et qui tenta d’obtenir l’autonomie de son sanctuaire. Il est même possible que le premier prêtre en charge à vie après les Hékatomnides soit l’ancêtre des prêtres suivants, et que l’un des individus enterrés dans le tombeau soit Korris lui-même.